L'eau, ça mouille

Je n'aime pas février. Il fait froid. Un froid glacial. Et le moindre lieu est surchauffé. Comment s'habiller ? Bien se couvrir et transpirer à grosses gouttes dès que l'on entre quelque part (comme, par exemple, un métro -bondé, forcément-) ? Ou bien s'habiller en vue du "dedans" et crever de froid dès que l'on est dehors ? En plus, il pleut tout le temps. Enfin, il fait nuit à 17h30-18h. Rapidement, les rues se vident et l'atmosphère devient lugubre. Non, je n'aime pas février.
 
Le fait est que chaque année, il y a un février. Au collège, on m'avait appris que la France est un climat tempéré : il fait chaud l'été et froid l'hiver. Le soleil influe sur la dopamine : on est heureux l'été et on broie du noir, l'hiver. Mais ça, ce n'est plus possible pour l'Homme moderne. Tout doit n'être plus qu'une fête permanente. D'ailleurs, le "blue monday", ce jour censément le plus déprimant de l'année, est devenu une journée de promotions.
Sur la carte de Cassini, on voit bien que les villes de l'actuel Val de Marne (qui n'étaient encore que des hameaux) étaient exclusivement bâties sur les points hauts. Autrefois, on se méfiait des fleuves et de leurs crues centennales. Au XXe siècle, promoteurs et élus complaisants ont construits sur des terrains inondables. Ensuite, sur la Marne -que je connais bien- on a voulu "aménager". Exit les rues qui longeaient le fleuve ! Exit les chemins un peu sauvages ! Place aux autoroutes à piétons et à vélos ! Avec du sable partout, pour qu'en cas de chute, les bambins ne se fassent pas mal... Sauf que l'hiver, ces pistes sont une catastrophe. Comme elles sont bien plates, de belles flaques se forment et le sable devient de la boue. Quand les aménagements ne disparaissent pas carrément sous les flots, à cause des crues...
Ah, les crues... A Paris, c'est encore pire. L'âne le plus célèbre de Paris voulait Paris Plages toute l'année. Les automobiles furent chassées des bords de Seine. Les embouteillages, la pollution... Tss, ce sont des inventions de fascistes ! (Oui, le mot fut employé) Libé se gargarisait des "lieux de respiration" et de la "reprise" des lieux. L'élue a lancé des appels d'offres, dont certains à Noctis, pour la transformation de zones, qui, en restaurant, qui, en champignonnière. Sauf que depuis 15 jours, les quais sont sous les eaux. Les services de la mairie de Paris jurent que le pic de cru est déjà passé, que l'augmentation n'est que "temporaire". On a l'impression qu'ils parlent du chômage : ça va descendre, parce que la fin de la montée est proche. De toute façon, eau, chômeurs ou kilo de bananes, c'est le même degré d'empathie. Et voilà que l'on a de la neige ! Comment, de la neige en hiver ? Quel est le plus pathétique ? Des conducteurs (y compris les chauffeurs de bus) qui s'enneigent dans 1cm de poudreuse ? Ou bien la mairie de Paris, qui a créé une capitale dédiée à l'été et inadaptée à l'hiver ? A moins que Libé nous démontre que les crues et la neige, ça n'existe pas, ce sont des créations fascistes pour discréditer Anne Hidalgo...

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Zanzibar

Choky

Karkadeh

Maison & Objet 2026

Le tourisme à Zanzibar