Zemmour-Cali, le clash bidonné
Tout le monde en parle ! C'est LA séquence marquante de la semaine médiatique ! Cali quittant le plateau de Pascal Praud, sur CNews, excédé par Eric Zemmour...
Sauf que ça ne s'est pas du tout passé comme ça. Moi, je fais parti des rares à avoir vu l'émission en entier, pas juste le départ du chanteur...
Retour sur le contexte. Pascal Praud anime un débat quotidien, souvent avec des polémiques. C'est un peu l'Yves Calvi du pauvre et le niveau est assez inégal.
Là, il reçoit Eric Zemmour. L'essayiste avait été condamné fin 2014. Lors d'une interview donné pour promouvoir Le suicide Français, il avait sous-entendu qu'il fallait expulser les musulmans. Ca lui avait valu une levée de boucliers, un renvoi d'I-télé et surtout, une condamnation pour provocation à la haine raciale. En appel, la condamnation a été levée : l'interview avait été donné à un journal italien et le tribunal français s'est déclaré incompétent.
Et puis, entre temps, il y a eu Charlie Hebdo et le Bataclan. Ce qui ne semblait être que des fantasmes d'un homme proche de l'extrême-droite (les attentats, l'islam des caves de cités, les imams qui endoctrinent des délinquants en prison, la fascination qu'exercent les terroristes dans les cités...) s'est avérée être vrai. Le curseur a changé. La complaisance n'est plus de mise. En prime, I-télé n'est plus ; ceux qui voulaient la tête de Zemmour ont été licenciés. Nul doute qu'en revenant sur l'ancien plateau de Ca se dispute, il devait se sentir comme le comte de Monté-Cristo !
Comme par hasard, les Caroline de Haas, les chroniqueurs de Mediapart ou des Inrocks ou les rappeurs avaient piscine. Ils ne savent enfoncer que des portes ouvertes. Praud a du faire avec le fond de panier. Un jeune juriste, qui s'est fait vite fait renvoyer dans les cordes. Une responsable "d'assoce" beurette et féministe (pour renforcer le stéréotype, le nom de son obscure assoc est en orthographe inclusive), elle aussi vite balayée.
Cali, lui, est un ex-soutien de Ségolène Royale, aujourd'hui électron libre de LFI. Il est là pour vendre un bouquin. Il a vite compris que Zemmour est remonté et qu'il a mis des fers à cheval dans ses gants de boxe. Pendant 20 minutes, il ne dit rien. Il est visiblement gêné et d'ailleurs, on se moque de son mutisme. Puis Zemmour déclare que le rap est un sous-art, qu'il ne compte pas s'excuser d'avoir attaqué en justice Youssapha qui -à mots couverts- souhaitait sa mort. C'est le moment ! Cali se fait défenseur du rap ! Il se lève, déclare qu'il part, se rassoit, se relève, revient dans le micro juste pour dire que son propre livre "est très bien", puis il s'en va pour de bons...
La séquence était téléphonée. L'émission a continué comme si de rien n'était. Mais la magie du zapping, c'est qu'en extrayant la scène et en la remontant, on a l'impression que Cali était colère. Et c'est malheureusement ce qui arrive trop souvent à notre époque. On regarde des séquences qui dure 10 secondes ou des phares extraites de longues interviews.

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