Une journaliste


L'autre jour, mes pas m'ont mené devant le Parc des Princes. Sur un rond-point, il y avait cette journaliste -une Brésilienne, d'après son accent- qui enregistrait son intervention. On était un jour de match de L1. Elle parlait sans doute de Neymar...
 
Il y a plusieurs symboles, dans cette image.
 
Il y a simplement 10 ans, seuls les TV occidentales avaient des correspondants permanents en France. Et la France n'avait que quelques correspondants permanents hors d'Europe. La plupart du temps, pour les sujets internationaux, on s'achetait les cassettes des pays étrangers. A l'heure de la multipolarisation et des chaines infos en continu, tout le monde a des correspondant partout.
 
C'est aussi l'omniprésence du foot. Avant, lorsque Jean-Pierre Papin signait pour Munich ou qu'Eric Cantona partait à Manchester, c'était fini. Ils n'auraient plus droit qu'à une petite vignette dans Téléfoot. Maintenant, c'est fini. Le monde entier suit les championnats Britanniques et Espagnols ! Et bien sûr, les Brésiliens veulent des nouvelles de leurs prodiges... D'autant plus que le moindre Brésilien de talent s'exile. Il faut se souvenir qu'en son temps, Neymar avait surpris son monde en ne partant en Europe "que" à 21 ans.
 
Et enfin, il y a la précarisation du journaliste. Avant, être reporter international, c'était parler de guerre et d'Hommes politiques. C'était partir avec un caméraman, un perchiste et éventuellement, un monteur. C'était transporter du matériel lourd. Et là ? Elle est toute seule. Au moins, elle a une caméra. Beaucoup de correspondants se filment à l'iPhone. Tout ça pour parler d'un match de L1. Paris face à une équipe que les Brésiliens ne sauraient même pas placer sur une carte. Un match sans enjeu et la Brésilienne doit sans doute meubler. Mais c'est ça, être reporter international, en 2018. 

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